Pansée du Jour

"Mieux vaut un mauvais Christopher qu'un bon Dieudonné..."

-

"Laurence Fishburne est à l'acteur ce que la couille est au poisson: rien du tout."

Y.T.K.

l'intégrale des pensées du jour.

Taupe of the tops

Taux Peuh Dix

Version Customized 2.0

NOUVELLE FLAQUE

"Là où le Ciné ne tient qu'à un phile..."

 

Pour savoir en gros ce qu'est Nouvelle Flaque, je vous invite  à lire cet article et ses commentaires.

---

Pour nous contacter : takeshilesushi@yahoo.fr --- klausk@hotmail.fr

---

Mercredi 27 décembre 2006 3 27 /12 /Déc /2006 10:50

 ["Reuh, c'est l'cro]codile le plus beau que j'ai jamais vu"... telles furent les paroles de mon frère Okomo, le jour où je l'avais emmené au zoo après un dîner bien arrosé... aucun rapport avec Russel Crowe, bien sûr, sauf peut être le fait que mon frangin avait une haleine fortement aillée se jour là... aillée, comme l'ail... ail, comme une gousse d'ail... gousse d'ail, comme la tronche de Russel Crowe. Une tronche de gousse d'ail, c'est à dire un peu comme une gueule d'oignon, avec plein de plis, et une odeur qu'on devine rien qu'avec les yeux... Une bonne bouille bien renfrognée, un regard tristounet et une dégaine de St Bernard alcoolique, telle est l'apparence physique de ce sacré Russel, une apparence bonnarde et gentille, calme et pacifique. Car même quand Russel montre ses Crowe, il n'a pas l'air méchant pour un sous, bien au contraire... Gladiator ou à raison, ce valeureux grizzly de studio et tronche number one de blockbusters couillus a su se faire un "NON !!!" auprès des plus grands réalisateurs... et c'est un peu normal, vu que son jeu se limite à des mimiques de nounours et à quelques répliques dictées avec l'assurance d'un élève de maternelle récitant sa première poésie...

Mais Russel Crowe n'est pas que ça: c'est un homme d'exception, voyez-vous, et si je prends la peine de vous en parler, c'est bien parce que...

Et bien parce que je n'ai rien d'autre à foutre, en fait... voilà... parlons donc de ce célèbre acteur à tête d'oignon et à charisme de gousse d'ail qu'est Russel Crowe...

Comme l'oignon, Russel Crowe fait pleurer. Ses interprétations multiples ne manquent pas pour le prouver (Un homme d'exception, Gladiator... Gladiator... un homme d'exception... Gladiator...)

Comme la gousse d'ail, Russel Crowe est plein de plissures...

Comme l'oignon, Russel Crowe fait péter... (moi quand je m'emmerde devant un film, je pète... et vous, mes brebis ?)

Et comme la gousse d'ail, Russel Crowe ressemble à un une gousse d'ail... et quand cet ours mal léché débarque sur le plateau mal fléché d'un film où les mâles sont lâchés, ail ail ail, on sait d'emblée que s'est pour le pognon qu'il rammène sa tronche d'oignon...

Il est donc légitime que je vous parle de l'oignon et de l'ail, qui sont les clés du jeu d'acteur incroyable de ce cher Russel Crowe.

L'oignon est une plante herbacée bisannuelle de la famille des liliacées, largement cultivée comme plante potagère pour ses bulbes de saveur et d'odeur fortes. Le terme désigne aussi le bulbe de cette plante récolté comme légume. L'oignon potager est utilisé dans de très nombreuses recettes et existe en de nombreuses variétés, parmi lesquelles l'échalote. Nom scientifique : Allium cepa de la famille des alliacées (cette famille était précédemment considérée comme une sous-famille des lilliacées). C'est à la fois un légume et un condiment fort précieux. Il possède des propriétés médicinales quasiment illimitées. Le bulbe de l'oignon est composé des bases épaissies des feuilles s'enveloppant les unes dans les autres. De façon générale on parle d'oignon pour tous les bulbes de liliacées, comme les tulipes.

L'oignon est une espèce herbacée, vivace par son bulbe unique, cultivée comme une annuelle ou bisannuelle (floraison la deuxième année). C'est une plante haute de 60 à 100 cm, dont les feuilles de couleur verte sont cylindriques, creuses (ce qui distingue cette espèce du poireau et de l'ail, autres espèces cultivées appartenant aussi au genre allium). La tige florale dressée est également creuse. Elle présente un renflement vers sa base. Le bulbe est relativement gros, de forme sphérique, parfois plus ou moins aplati. (pour Russel, il est bien aplati...) Les fleurs petites (de 4 à 5 mm de large), de couleur blanche ou verte, sont regroupées en une ombrelle sphérique, en position terminale sur la tige. Les fleurs ont une symétrie trimère, à trois sépales, trois pétales et sux étamines. L'ovaire unique est divisé en trois loges. le fruit est une capsule s'ouvrant par trois valves, libérant chacune généralement deux graines. Chez certaines variétés, il arrive que des bulbilles se développent à la place des fleurs.

Préparer des oignons représente souvent une corvée, car cela fait pleurer. En fait, les larmes apparaissent quand on coupe l'oignon : on assiste alors à une réaction chimique qui libère des substances sulfurées irritantes pour les yeux. Diverses astuces sont proposées pour empêcher le larmoiement, mais elles n'ont pas toutes la même efficacité. Celui qui veut qu'on tienne entre les dents une allumette éteinte à moitié brûlée part du principe que le charbon de bois absorbe les gaz. Dans ce cas, il en faudrait peut-être plus d'une pour que la technique soit efficace... D'autres astuces, comme utiliser un cure-dents ou un couteau coupant pour se les mettre entre les dents, retenir sa respiration, si on y croit, peuvent diminuer les larmes ou amuser un visiteur inattendu ! Le meilleur moyen toutefois (ou à tout le moins le plus discret) de ne pas subir ce désagrément consiste à porter des lunettes de ski ou de plongée, qui isolent les yeux des gaz irritants, ou de couper l'oignon sous un filet d'eau froide ou en l'immergeant dans l'eau. La saveur de l'oignon résulte essentiellement de l'alliinase alors que l'effet lacrymogène est dû à l'oxyde de thiopropanthial. Cela signifie qu'une variété ne faisant pas pleurer pourrait conserver son goût. La réaction produisant l'agent lacrymogène étant optimale à température ambiante, on peut refroidir ou réchauffer l'oignon pour diminuer, voire éviter, le larmoiement.

L'ail est une plante vivace monocotylédone dont les bulbes, à l'odeur et au goût forts, sont souvent employés comme condiment en cuisine dans de nombreuses recettes. Une tête d'ail se compose de plusieurs caïeux ou gousses d'ail. Nom scientifique : Allium sativum, de la famille des Alliacées (cette famille était précédemment considérée comme une sous-famille des Liliacées). Selon la tradition, l'ail a la réputation d'éloigner le mal : il repousse les vampires et sans doute le diable lui-même ! De même on dit que l'ail est anti-aphrodisiaque (de fait, l'haleine que laisse l'ail évite les effusions prolongées - mais si les deux personnes en ont consommé…). L'ail est une plante herbacée, bulbeuse et vivace assez grande à nombreuses feuilles engainant le bas de la tige. Elle mesure 30 à 120 cm de hauteur avec un espacement de 10 cm. L'inflorescence est enveloppée d'une spathe en une seule pièce tombant assez rapidement. Les fleurs sont groupées en ombelles. Assez peu nombreuses, elles sont de couleur blanche ou rose et s'épanouissent en été. Le fruit est une capsule à trois loges, mais celle-ci est rarement produite. La racine à bulbe est composé de trois à 20 bulbillons arqués (les caïeux). On la récolte en juillet-août.

Et maintenant mes agneaux aillés, vous connaissez tout sur Russel Crowe... Je vous laisse découvrir sa carrière nue, et son jeu d'acteur fadasse dans des films à gros budget...

...cuisinés aux petits oignons, cela va sans dire.

Par Y.T.K. - Publié dans : Actor F2
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 27 décembre 2006 3 27 /12 /Déc /2006 10:44

 ["Kate, elle] est trop une bonne actrice... Kate, elle est trop trop belle... Kate, elle a joué dans Titanic alors nananèreu, c'est trop la meilleure actrice du monde et toi t'es qu'un gros nul tonton Yokeshi !"... voilà en gros quels étaient les maigres propos que ma nièce Anita-Katsumi, 12 ans, me tint la semaine dernière, au cours d'une discussion de gamine inculte à vieux cinéaste blasé... c'était son anniversaire, voyez-vous mes brebis, alors je n'ai pas eu le courage de lui rétorquer que non seulement Kate Winslet est une actrice exécrable, mais qu'en plus elle a des vergetures, des varices et que si elle a eu la chance de jouer dans le Heavenly Creatures de Peter Jackson, c'est uniquement parce qu'elle n'a pas manqué d'aguments bucco-génitaux... Mais trêve de baragouinage, mes agneaux, passons plutôt à l'acteur du jour, qui n'est autre que le terrrrrible Harvey Keitel.

 Une tête reconaissable entre mille: teint gris ou mate, selon l'humeur. Peau que l'on devine rugueuse, tapie telle une fange vicelarde sous une couche de vernis qui n'est rien d'autre que la sueur caractéristique de l'acteur forcené... Regard malin, sourire rare mais chafouin, cernes de trois kilomètres sous des yeux qui semblent percer l'écran à chaque battement de cils, prédateurs collés aux basques de la caméra fuyante, telles les mirettes d'un renard guettant sa proie... Nez en demi-patate, front plissé comme une nappe de cantine aux heures de grande bouffe... un tel agencement de traits faciaux ne peut donner qu'une seule chose: une tête de tueur... mais pas n'importe quel tueur: un tueur ambigü, qui, coincé entre mine franchouillarde et rictus meurtriers, ne sait quel chemin choisir pour effrayer le spectateur ou s'attirer sa sympathie... Harvey Keitel est capable des deux, et ce grâce à une aisance incroyable sur le terrain. Papa gâteau mais jamais tronche de cake, gangster défiguré de naissance, simple loser ou alcoolo complexe qui se sert des angles rapprochés comme le flic se sert d'un ethylotest... Harvey Keitel est un acteur de la trempe des grands, un véritable félin de studio, dont je n'ai pas encore fini de découvrir les innombrables expressions faciales, et ce malgré un nombre incalculable de visonnages... Tel un vieux lion fatigué mais répondant toujours à son instinct primitif, il capte le regard, l'interpelle, le prend au piège, avec, toujours, cette combinaison de mimiques qui n'appartiennent qu'à lui: après la dégaine du routier sobrement alcoolique, il y va d'un sourire en demi-teinte, d'un regard usé, fatigué mais dans lequel on devine la ruse, dans lequel on ne sait ce qui se cache réellement... simple illusion ou réelle menace ? On ne sait pas, on ne sait plus... et puis on le regarde faire un pas en avant, puis un autre, parfois en titubant légèrement, ou en marquant une pause... et puis on tombe nez-à-nez avec un acteur au style inimitable, indéfinissable, sorte de mélange improbable entre la roublardise d'un John Wayne, le côté emmental fondant au soleil de midi d'un Charles Bronson, et le charisme tranquille mais puissant d'un Eli Wallach d'époque western. Tel est Keitel, vieux loup mal dompté, qui, pantelant avec l'assurance d'un ivrogne assez malin pour mimer l'ébriété manifeste, s'est fait une place dans le panthéon de ceux que j'appelle les "Dirty Actors"... ceux dont le visage fangieux et cradingue en appelle au alcools forts, aux passes dans des hotels sordides et à la clope éternellement coincée dans le coin du bec, ceux qui survivent grâce aux perfusions de whisky, aux parties de cul et de poker, aux cuites fortes et qui, comme peut le faire un bon disque de Tom Waits, vous fatiguent, vous étourdissent, vous ennivrent et vous subjujent au moindre dialogue, vous pompent toute votre énergie de cinéphile moyen, vos réserves vitales de bonne ou de mauvaise humeur, pour l'avaler dans son entier et la ne jamais la recracher, à la façon d'une putain exercée au maniement du manche et à la turlute dès l'âge de ses premières dents.

Keitel... qui est Keitel ? Tout d'abord une relation sans faille sismique avec le cinéma indépendant, qu'il défend farouchement tout en sachant collaborer - à petite dose - avec le gros commercial qui tâche. Keitel, c'est surtout une carrière tout sauf en dents de scie, émaillée de collaborations avec quelques-uns des plus grands... une petite liste pour vous mettre en appétit avant d'attaquer la fiche consacrée, histoire de vous montrer qu'on ne plaisante pas (et surtout histoire de vous faire lire l'article en entier, parce qu'il est plutôt long voyez-vous... faut savoir vendre sa merde comme on dit dans ces cas-là)... donc, voili voilou les noms des plus talentueux réals sous lesquels à tourné l'infatigable Harvey Keitel...

Martin Scorsese... John Houston... Robert Altman... Ridley Scott... Nicholas Roeg... Bertrand Tavernier... Brian De Palma... Dario Argento... Barry Levinson... Abel Ferrara... John Irvin... Wayne Wang... Stephen Frears...

"Et alors ?" me direz-vous... "Yok yok yok !!!", vous répondrai-je. Car s'il est un acteur qui a su faire des choix de carrière plus que judicieux, et avoir l'instinct de choisir les rôles qui lui collerai à la peau plus que sa peau elle-même, c'est bien ce cher Harvey Keitel. Mais trêve d'emberlificoteries, disjoncteries et autres errances kopfkiniennes, passons maintenant à la biographie/filmographie de cet acteur atypique et plus que typé, au top, tel le sioux tappi sur le tapis de son tipi, (vous voyez le toppo ?) se tappant des tapas et des toupies avec un tipp-ex tapinant près du... du... ... ... ahem... passons donc à la filmo de Harvey Keitel sans plus tarder mes chères brebis...

Né un

Keitel, inextinguible routard du cinéma indépendant manié par Ferrara, routard de New-York, vieil apache à la mine poisseuse et aux traits creusés dans la chair, au canif, à la petite cuillère, à la hache... des marques indélébiles qui laissent transpirer son âme à chaque tic, à chaque rire, à chaque clin d'oeil... 

Keitel est au cinéma ce que le poivre est au steak: un condiment fort mais pas trop, juste ce qu'il faut...

Keitel, c'est comme un vieux standard blues qui n'en finit pas de passer, prisonnier d'un juke-box poussiéreux, au fond d'un bar de Manhattan hanté par les fantômes alcooliques de ceux qui empruntaient jadis les yellow-cabs et s'amusaient de voir des petits blacks sans avenir jouer aux bandits, dans les ruelles poisseuses de ce tas de briques et de chair à la fois beau et immonde que l'on appelle New York.

Beau et immonde, comme Harvey Keitel, justement...

    Article en cours d'écriture...

Par Y.T.K. - Publié dans : Actor F2
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 26 décembre 2006 2 26 /12 /Déc /2006 23:35

[Cristaux, fer, ou Alken], cette ville de l'Allemagne de l'Est dans laquelle je me suis perdu un jour de promo... quel mot choisir pour l'entrée en matière d'un article aussi laborieux ? Peu importe, les trois feront l'affaire puisqu'ils reconstituent à merveille le nom intégral de l'immense Christopher Walken. 

Immense, vous dis-je... et c'est bien peu dire en fait. The Deer Hunter, Heaven's Gate, Dead Zone, At Close Range, The King Of New York, True Romance, Pulp Fiction... pour chacun de ces films et bien d'autres un rôle aussi anguleux et dur que son visage, et pour chaque interprétation une maestria sans équivalent. Et oui mes brebis, Walken, c'est la grande classe, le summum de l'élégance meurtrière, la force obscure, la révérence et la puissance contrôlée qui vous pulvérise les meilleures mimiques de Pacino en un battement de cils nonchalant. Walken, c'est d'abord un regard: un regard noir, glacial et fixe, qui hypnotise et subjuge. Un regard dans lequel on semble se perdre tant il est profond, comme ouvert sur les méandres de son jeu d'acteur labyrinthique. Walken, c'est ensuite une démarche: la démarche d'un guêpard, d'une murène ou d'un serpent. Peu m'importe l'animal en fait, tant que l'on me parle de prédateur. De prédateur... intelligent. Violent. Magnifique. Beau dans sa laideur. Laid dans sa beauté... Chaque trait de son visage est une ligne gravée sur sa peau par la griffe du Malin en personne. Chaque mot qui sort de sa bouche sévère est contrôlé de la première à la dernière lettre par les esprits entrelacés du Seigneur et de Satan. Chaque mouvement qu'il exécute a un but et un sens profond. La claque du charisme au moindre petit mouvement de doigt... Le regard assassin. La violence la plus effroyable contenue et insoupçonnée dans le plus insignifiant geste. La classe absolue, merde ! Divine et démoniaque, avec ça. Car je vous le dis sans esclandres mes agneaux: si Dieu ou Belzebuth eux-mêmes devaient être matérialisés dans le corps et l'esprit d'un acteur, alors ils ne pourraient être autres que Walken, Christopher... Mais avant d'attaquer les qualités de l'interprète intelligent, jouissivement charismatique et plus subtil qu'un rêve de phalène qu'est Christopher Walken, procédons à une petite biographie pas piquée des fourchettes, dans laquelle j'ai pris grand soin de décortiquer un à un (presque) tous les films où a officié ce dieu vivant de l'actorat...

Ronald Walken naît le 31 mars 1943 à New York d'un père allemand et d'une mère écossaise. C'est cette dernière qui, souhaitant le voir devenir acteur, va le pousser à tenter une carrière artistique. Danse, chant... et théâtre. De ses trois activités de jeunesse, Christopher n'en gardera qu'une seule et en fera sa passion. Vous avez deviné que, même si on l'a vu il y'a quelques temps dans un clip aérien du faméliquement talentueux Fatboy Slim, ce n'est ni la danse ni le chant que Walken retiendra mais bien l'actorat. Il débute donc sur les planches, et ses interprétations sur scène feront quelques vagues qui viendront caresser l'esprit intuitif d'un certain Sydney Lumet. A cette époque (c'est à dire en 1971), le jeune Walken a déjà à son palmarès des rôles dans quelques réalisations pour la téloche dont une avec Elia Kazan et l'autre avec Jonhatan Demme, qu'il retrouvera huit ans plus tard pour Meurtres en Cascade... En 1971, donc, le père Lumet l'embauche dans son film The Happiness Cage. La carrière du prédateur est lancée... suivront deux autres films puis, en 1977, Annie Hall de Woody Allen, le gars qui l'a mauvaise (l'Allen), un film qui le fera cette fois-ci connaître au grand public. Après, que du plaisir mes brebis: retrouvailles avec Jonhatan Demme pour le film dont je vous ai parlé quatre lignes plus haut, et - sortez cuivres et violons, étendards et cotillons - Voyage au bout de l'Enfer, autrement dit The Deer Hunter, le chef d'oeuvre absolu-qui-tue-la-mort-et-lui-fourre-sa-faux-dans-le-cul réalisé par Michael Cimino... petite devinette au passage, histoire de vous détendre les neurones avec un jeu de mots vu que cet article n'en est pas vraiment riche: pourquoi Michael vaut trois fois deux gamins ? Parce que Michael Six Minots... Marrant, n'est-ce pas ? Bien. Reprenons donc on nous nous étions arrêtés: The Deer Hunter. Une interprétation magistrale de Bobby de Niro, mi-figue mi-raisin de la colère, et, juste en face de lui, celle qui fit dat(t)e de Christopher Walken. Souvenez-vous, cette confrontation finale dans un taudis de Saigon, au cours de laquelle Walken retranscrit la folie d'un homme ordinaire avec une expression perdue, glaciale, suintant les espoirs perdus et l'avenir inexistant. Fantôme de lui-même, le champion de roulette russe nous fait descendre les montagnes du même nom d'un simple doigt posé sur la gâchette. Il va même jusqu'à cracher à la gueule de Robert ! Merde ! Vous en connaissez beaucoup vous, des acteurs qui ont déjà craché sur De Niro ? Bon. Sublime scène, tout en chassés-croisés et larmes de sang, peut être l'une des plus belles sur lesquelles mes paupières ont eu l'occasion de valser... ce face-à-face... aaah, magie de l'instant... oooh, beauté terrifiante de ce regard figé, qui veut pleurer mais n'y parvient pas. Le regard de Walken ! Walken le plus grand ! Walken-De Niro, 1-0... Putain de putain mes brebis, combien de fois devrai-je vous répéter que tout est dans l'expression, absolument TOUT (n'hésitez pas à me contacter si vous avez trouvé la clé du regard dépossédé que Walken lance à Robert de Niro avant de se tirer une balle dans la tête... J'ai déjà le coffre et le cadenas.) Bref, après son apparition plus que remarquée dans ce masterpiece, Christopher obtient l'Oscar du meilleur second rôle. Et c'est bien normal après tout... la suite ne fera que répondre aux attentes d'un public qui, entre charme et répulsion, ne sait encore choisir son camp face à l'acteur. Walken n'étant pas un acteur docile pour son public, ce dernier choisira les deux camps. Belle preuve de gloutonerie cinéphile. Mais la gourmandise n'est pas un vilain défaut, et c'est ce que Walken le divin pruneau vient prouver au monde entier avec Les Chiens de Guerre de John Irvin, en 1980. N'allez pas croire (et surtout n'allez nulle part, je n'ai pas encore terminé) que ce film relate les aventures de canidés armés jusqu'aux dents. Non non non, il s'agit simplement d'un bon gros film de derrière les pédés anglais (faggots), avec un Walken plus impérial que le plus impérial des nems impériaux, un Tom Berenger à deux tirs d'obus de son rôle dans Platoon, des scènes d'action furyeuse à vous défroquer un Chuck Norris et du mitrallage à fond le caisson. Après ce tintamarrant blockbuster qui tonne, un brin vieillot mais plein de sève et de poudre, Christopher Walken ne s'assagit pas, bien au contraire. Pour le prouver mieux que de simples mots sur un bloog effrité du pixel, un simple visionnage de Tout l'Or du Ciel (assez méconnu mais prenant), et du superbe Heaven's Gate de Cimino (on ne change pas les couches d'une équipe qui gagne)... Nous sommes en 1984. Trois ans se sont enculés sans que Walken ne joue dans le moindre petit film... à son actif: aucun navet pour l'instant, et deux chefs d'oeuvre qu'il marqua de son regard et de sa voix. Nous sommes en 1984, donc, et l'acteur reconnu (dans la rue et ailleurs) qu'est Walken se voit proposer un rôle de docteur dans Brainstorm de Douglas Trumbull (pas la peine de me regarder comme ça mes chères brebis, non, je m'éviterai de tomber dans le piège d'un jeu de mot trop facile sur le nom de ce malheureux... hop). Brainstorm, donc... wah bah ! Première série B et premier film fantastique dans sa carrière, cette réalisation dans laquelle Walken élargi son éventail de jeu en s'essayant à des mimiques faciales cocasses lui permet d'envisager une relation avec le cinéma de genre, qu'il avait jusqu'alors fuit au profit du dramatique. En tous les cas, Brainstorm (d'après les souvenirs que j'en ai, hein), est une série B avec un B majuscule, une série B qui sort du lot, qui fait réfléchir même, et, quoiqu'aujourd'hui un peu poussiéreuse à l'image (après tout personne ne vous empêche d'acheter des lingettes swiffer), son style approché d'un Cronenberg et ses bonnes idées scénaristiques caressent l'oeil dans le sens du cil et le cerveau dans le sens du bulbe. Je vous ai parlé de Cronenberg ? Dingue, puisque le film suivant dans lequel jouera Walken - toujours en 1984, comme le roman mais sans Orwell  - n'est autre que le génial Dead Zone, du non moins génial David Cronenberg. Un film de médium qui s'ignore (ah ah), adapté d'un roman du King Jouet de l'horreur. Interprétation superbe, tout en expressions foldingotes, scènes martyrisantes et professionalisme exemplaire de Walken qui semble, à chaque regard fixe et froid lançé, défier le spectateur, l'acteur, le réalisateur et la caméra en même temps. De la très très belle ouvrage. Après cet interlude fantastique, Walken revient, l'année suivante, à un cinéma plus joyeux avec un épisode de James Bond, Dangereusement Vôtre. S'acoquinant avec les grandes stars de demain, soit Roger Moore, Duran Duran (Guillaume Guillaume si vous préférez) et la black aux jambes interminables Grace Jones ("Graisse Jaune" comme la surnommait notre regretté Aiwass), le grand Christopher prouve qu'il peut jouer les méchants avec brio(che). Ce rôle aux côtés de Roger Moore (encoore, encoore !) ne lui fait donc pas faux James (faux bond, quoi, mmmphf), au contraire, vu qu'il joue, comme je l'ai dit, un vilain méchant pas beau tout moche dans sa grandiose magnificience et sa beauté incroyablement grandiloquente...  Je vous laisse le temps d'assimiler cette phrase pompeuse et tuméfiée, complètement inutile au demeurant... C'est bon ? On enchaîne donc avec Deadline, de Don Stevens, un film sur le conflit israelo-palestinien que je n'ai pas vu mais qui doit être pas mal du tout. D'ailleurs, à propos de conflit israëlo-palestinien, ça me rappelle un sketche de Dieudonné qui... d'accord, vous vous en foutez. De toute façon, mieux vaut un mauvais Christopher qu'un bon Dieudonné... (est nominé pour le meilleur wordgame du siècle)... Continuons avec un de ses meilleurs rôles sinon le meilleur - en tous cas le plus impressionant - dans Comme Un Chien Enragé (At Close Range) de James Foley, en 1987. Il y interprète - et même plus - un véritable fou furieux, gangster de son état, une brute épaisse comme la Bible en dix volumes, un salopard fini à la pisse de rottweiler, une bête avide de sang, de viande froide et de douilles qui ricochent, revancharde, haineuse, pourrie jusqu'à la moelle, plus mauvaise que l'haleine d'un vautour constipé et plus déterminée à tuer qu'un SS en intérim à Birkenau. Dans ce rôle à sa grande démesure, avec des textes jouissifs qui lui collent à la peau et des regards noirs à fair fuir tous les démons de l'enfer, Walken impressionne et cartonne à fond les ballons. Ici, ce n'est même plus un simple délire genre "ouais, je suis un gros dur, parce que j'ai un flingue bien huilé et des dents en acier et que si je lâche une caisse je réduis toute cette putain de métropole à l'état de cendres", non non non, rien à voir... Là, on touche au Gangster, avec deux G majuscules, et le petit "angst" au milieu qui veut tout dire. Avec ce rôle bestial, Walken fait carrément passer le Kitano de Blood & Bones pour un Casimir sous valium et le Pacino de Scarface pour ce qu'il est : un pauvre guignol. Nan, là, on ne rigole pas mes agneaux: ça bastonne sec, ça blaste et ça roxe méchamment, aux côtés d'une bonne caboche encore jeune à l'époque mais déjà pleine de talent: Sean Penn, ainsi que d'un autre fou furieux insoupçonné jusqu'alors, le jouissifissime Crispin Glover, à qui je compte bien consacrer un article un de ces quatre matins. Bref, pour faire court et pour faire simple: ça déchire les mirettes. Cette interprétation assomante finira d'assoir la réputation du prédateur Walken aux yeux du grand, du petit et du moyen public. Belle preuve de férocité, sans artifices, sans surjeu, sans fausses émotions, moustache à l'appui. Comme toujours, Walken vit ses personnages au plus profond de leur chair et ça se voit. Et c'est beau... comme en 1988, dans ce film désuet de Eugene Marner, Cannon Movie Tales: Puss In Boots, où Walken donne la réplique à ce qui se veut être le chat botté moderne... clin d'oeil avant l'heure à son apparition furibarde et orgasmique de dératiseur, dans le sympathique La Souris, un crachin numérisé et drôle de chez Dreamworks commis par un certain Gore Verbinski dix ans plus tard. Passons sur Milagro de Robert Redford (comme la mienne mais sans les jantes allu), Biloxi Blues de Mike Nichols, et Homeboy de Michael Seresin, trois films eux aussi sortis en 1988 mais que j'ai pas vu, pour parler du retour de Walken dans la série B. Sauf que cette fois, la série B en question est loin d'être du même acabit que Brainstorm ou Dead Zone. Là, on touche à la daube pure et simple, avec le Communion de Phillipe Mora, torché en 1989. Si je prends la peine capitale de vous parler de ce petit film caca où on voit des extraterrestres aussi extraterrestres que l'emballage plastique d'un sandwich dans la poubelle d'une aire d'autoroute, c'est parce qu'il amorce le côté désagréable de la carrière du grand Walken: le côté navet. Eh oui, aucun acteur ou presque n'échappant à la règle, notre Christopher jouera lui aussi dans un nombre conséquent de bousins cinématographiques, que je prendrais soin de vous montrer du doigt pour vous éviter de perdre du temps, de l'argent, de l'estime pour le grand Christopher (même s'il joue bien dedans, je vous le concède), et surtout des neurones. Pour ce faire, c'est très simple: dès que vous verrez un "N" (comme Navet) en gras, comme ceci: N, eh bien cela voudra dire que le film en question est une merde infâme, selon l'évangile du bon goût, les critiques entendues de part et d'autre du globe, selon le dévouement de Christophe Lambert (tiens donc) pour ce genre d'entreprises foireuses ou selon moi-même. Mais l'heure n'en est pas encore au deuil artistique puisque l'année suivante - 1990, si vous me suivez - s'opère la rencontre magique entre un acteur immense, autrement dit Christopher Walken, et un réalisateur formidable: Abel Ferrara. Pour The King Of New York,  Walken le prédateur retourne à l'essence même de son jeu d'acteur. Obscur, taciturne et fantômatique, il interprète un gangster sur la voie de la rédemption, avec une finesse incroyable qui contraste très nettement avec la grossièreté des autres personnages (dont celui interprété par le tâcheron Lawrence Fishburne, qui est à l'acteur ce que la couille est au poisson: rien du tout) à l'exception peut-être et même certainement du lascar joué par le bon David Caruso... Que dire de ce film, ou plutôt de ce petit chef d'oeuvre urbain ? Pas grand chose, à part que c'est un monolithe érigé à la gloire de Walken, une offrande inespérée à son talent et un terrain de jeu qui lui permet enfin d'exprimer tout l'éventail de son jeu d'acteur subtil et mystérieux. Tout ça grâce au bon goût de Ferrara, qui à eu le mérite de servir à Walken, et sur un plateau d'argent s'il vous plaît, l'occasion de se donner au maximum. Dès cette année bénie, ils deviennent amis et leur relation professionelle se poursuivra pour notre plus grand bonheur. Année suivante, McBain de James Glickenhaus, un petit film que je n'ai pas vu mais qui a en son sein (ce qui me tétonne) l'acteur aux sourcils circonflexes Michael Ironside. Sûrement pas le meilleur de ses films, mais peu importe. Dans Etrange séduction (The Comfort of Strangers), de Paul Schrader, Walken interprète avec sa générosité et son aisance/élégance naturelles un riche italien, séducteur de surcoît. Changement de registre brillant comme un diamant aux facettes multiples, qui prouve que le bonhomme peut se charger de l'amour comme de la mort: avec une classe absolue. Ensuite, une petite comédie faiblarde sur le milieu du cinéma, Holywood Mistress, réalisée par Barry Primus. Puis - attention - en 1992, la suite de Batman, c'est à dire Batman, Le Défi, réalisée par vous savez qui (si vous ne savez pas, vous n'êtes pas au courant des dangers encourrus par la planète, comme la fonte des glaciers au pôle Nord, la pollution atmosphérique et le réalisateur de ce film, justement). Sa prestation est impeccable, puisqu'il a l'audace de tuer (enfin, d'essayer de tuer) l'insupportable Michelle Pfeiffer en la balançant du haut d'un building et en la laissant se scratcher sur le tarmac comme une merde. Ses cheveux, par contre c'est une honte: péroxydés à mort, genre Mötley Crüe. Faut vraiment être lamentable pour oser défigurer un dieu vivant comme Christopher Walken. Justement, l'auteur de cette insulte capillaire au talent n'est autre que Tim Burton, qu'il retrouvera quelques sept ans plus tard pour le difforme et fienteux Sleepy Hollow (N), dans un rôle qui le ridiculisera encore davantage à son insu, puisque pour seuls dialogues le malheureux Chris Walken n'aura que quelques grognements à pousser, un rot à lâcher et trois pets. Raaah, Tim Burne-ton, cette minable chiasse du septième art, qui ne sait même pas compter jusqu'à trois s'il fallait encore le rappeler ! Pour ne pas susciter de polémiques et pour éviter les sujets qui fâchent, vous comprendrez volontiers que je passe au film suivant sans délai. Un film dans lequel à joué Walken, of course, et qui n'est autre que Le Grand Pardon II d'Alexandre Arcady. Comme vous le savez sans doute, les deux volets du Grand Pardon ne sont autres qu'une vulgarisation contextuelle des Parrain I et II, sans relief, avec Roger Hanin (le gros imbu de sa personne, qui joue toujours de la même façon). Seul intérêt: voir les brèves apparitions de Walken, quand le reste du film nous offre le contraste infâme qu'est la présence de Roger Hanin, qui nous montre tous ses défauts d'acteur gros et con hanin un, et Richard Berry, moins mauvais mais tout aussi imbuvable (surtout à cette époque où on l'aurait aisément cru sorti d'une pub pour déodorant). Bref, la suite (l'article traîne en longueur donc faisons vite !) avec son apparition unique et magistrale face à Dennis Hopper, dans le bousin produit par Tarantino et réalisé par Tony Scott en 1993, True Romance. De ce film long, chiant et passablement inintéressant, on ne retient que deux scènes géniales sous forme de sketches débridés: la première est celle où Gary Oldman mange des nouilles devant Christian Slater (arrivé splus tard) et la seconde - celle qui nous intéresse - nous montre un Walken qui s'autoparodie superbement en mafieux italien ultra-mega-caricatural dans le script mais juste impérial ici, face à un Dennis Hopper absolument dantesque dans son délire. C'est d'ailleurs dans cette scène que Walken prononce le titre de cet article (s'il avait su les conséquences à l'époque, ah ah ah). En 1994, dans D'une femme à l'autre (N) de Charlotte Brandström, une comédie sentimentalo-foireuse aux côtés de Carole Bouquet. No comment, disons juste que de le voir jouer avec une actrice telle que Bouquet, c'est le carole ! La même année, Wayne's World 2 (N) de Stephen Surjik, et Pulp Fiction, de notre ami à menton double et à imagination simple, Tarantino. Le monologue qu'il balance à la gueule du spectateur le place au-dessus de tous les autres acteurs de ce crachin, même Harvey Keitel. En 1995, Walken se retrouve enrôlé dans Wild Side (tiens donc), un thriller basique réalisé par un fumeur de Marlboro invétéré, Donald Cammell. 1995, année étrange pour Walken, qui se retrouve coup à coup dans The Prophecy (N), de Gregory Widen, et Search And Destroy de David Salle où il retrouve Dennis Hopper. En 1996, pas de nouvelle optique pour le grand Walken, juste quatre bons films pas piqués des cannetons: Dernières Heures à Denver de Gary Fletcher, The Addiction et Nos Funérailles de Abel Ferrara, dans lesquels on retrouve un Walken plus à l'aise que jamais dans son environnement naturel, et Meurtre en suspens, avec Johnny Depp, l'acteur profond. En 1997, dans Dernier Recours (Last Man Standing) de mon pote Walter Hill (The Warriors), dans lequel il interprète un Hickey "just" impeccable... puis, la même année, dans Basquiat de Julian Schnabel, Touch (N), de Paul Schrader et Roseland de James Ivory, une histoire de dancing qui n'envoie pas valser grand chose à part quelques bons plans dans le générique de fin... Dès 1998, Walken amplifie la cadence, en jouant de plus en plus, au rythme moyen de quatre-cinq films par an: The Eternal (N), de Michael Almereyda (un bousin horrifique sans nom), La Souris de Gore Verbinski, avec ses gadgets pour tuer des blattes dans un film qui est pourtant loin de donner le cafard, mais qui est réalisé par un cancre las. L'une des pires merdes dans lesquelles aie joué Walken est de cette-année là: il s'agit d'un certain Excess Bagage (N), réalisé par un tacheron du nom de Marco Brambilla. A voir peut être pour le joli cul d'Alicia Silverstone (contraction astucieuse de Sylvester et de Stalone). 1999 n'est pas une année top moumoute non plus, avec Y'a-t-il un parrain pour sauver ma mafia ? (N) de Lyndon Chubbuk (a vos souhaits), No Vacancy de Marius Balchunas (dans lequel il est crédité avec son surnom affectueux Ronnie... comme c'est mignon), puis Les Opportunistes de Myles Connell, dans lequel il revient enfin aux choses sérieuses, avec un rôle à sa hauteur et des chaussures de marque aux pieds. Maaais... la même année, c'est aussi dans une des pires ressucées daubesques de Tarantino, Ritchie et consort que Walken va tremper. J'ai nommé l'abject, le pourrissime, le nauséeux, le pompeux et visuellement abdominable Suicide Kings (N) d'un jeune qui ne sait pas ce qu'il fait nommé Peter O'Fallon. A partir de là, il me semble plus judicieux de ne pas s'éterniser sur la filmographie - au détail - du grand Christopher, au risque de vous dégoûter. Non. Disons simplement, très chers agneaux en sucre mou, que le reste de la carrière de Walken est ponctué, au même rythme, de films bons, convenus, ou carrément merdiques. Plus de chefs d'oeuvre depuis un Nathalie, mais toujours cette présence qui déchire l'écran. Ajoutons qu'il a réalisé un film en 2001, intitulé Popcorn Shrimp, qui a fait un véritable ventre au box-office et que je n'ai même pas vu de mes yeux vu (ce qui n'est pas un gage de médiocrité, je le rappelle à qui ne veut pas l'entendre), et qu'il a ouvert un restaurant en partenariat avec son vieux copain Bobby De Niro. Comme quoi les meilleurs du métier ne sont pas forcéments ri(de)vaux.

En bref, mes brebis chéries, Christopher Walken aura marqué trois décennies cinématographiques à travers finalement peu de grands films, mais énormément d'interprétations jouissives, même dans les pires navets avec lesquels il ait pu pactiser. Walken, l'acteur au regard profond. Walken, l'acteur obscur. Walken, l'acteur tout de noir vêtu, l'acteur noir, noir, noir... enfin, noir, je me comprends...  Evidemment, Walken n'est pas noir dans le sens racial du terme, mais il aurait bien pu l'être... D'ailleurs à son sujet j'emploie à l'envi le sobriquet de "Miles Davis de l'Actorat". Ouais, Miles Davis... parce que voyez-vous, mes agneaux, une prestation de Walken c'est un peu comme un bon disque de jazz: on ne cesse de la redécouvrir, d'y apprécier à chaque fois des subtilités délicieuses qui nous avaient échappé lors des premières séances... comme une source intarissable... voilà pourquoi le jeu de Walken est grand, incroyablement riche et subtil: parce que chacune de ses interprétations recelle plusieurs jeux en un seul. Mais c'est à l'acteur attentif qu'il convient de mettre à jour les différents angles d'interprétation développés par ce génie, les différents pièges qu'il tend au spectateur au détour d'un clin d'oeil, d'un sourire ou d'un geste en apparence anodin. Ange ou démon ? Manipulateur ou manipulé ? Pourquoi pas les deux ? A vous de le découvrir au travers d'une filmographie riche en interprétations magistrales...

Christopher Walken, le meilleur acteur du monde ?

La réponse est juste en-dessous.

 

Par Y.T.K. - Publié dans : Actor F2
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 25 décembre 2006 1 25 /12 /Déc /2006 05:17

 [Sharon, stone ?] N'allez pas croire tout ce que les médias vous racontent, mes agneaux... Ariel est un type clean, sinon ça se saurait. Et puis m'excuserez, hein, mais l'état d'Israël et la dope ça ne fait pas vraiment bon ménage. Quel rapport avec l'actrice sujette de ce pavé pixellisé qui s'annonce mal, me direz-vous ? Aucun, désolé. Il me fallait comme d'habitude un jeu de mot pour introduire l'article. Et cette fois-ci, admettons-le, il était des plus convenus...

Parlons donc de l'ex-sexy star Sharon Stone, actrice blonde qui fit bander les foules durant les années 90 du grand Hollywood.

Née le 10 mars 1958 à Meadville, Sharon Stone grandit (comme nous le dit la biographie d'Allociné - non, vous n'allocinez pas - qui me sert de base chronologique) dans une famille modeste. A chaque fois que la jeune Sharon essaye de couvrir sa famille d'éloges, celle-ci fait mine de ne pas y croire. C'est ça, une famille modeste, voyez-vous. Elève modèle, brilliante et douée (rien que ça), la petite Sharon réussi sans heurs ses études, ce qui prouve peut être qu'elle ne volera pas la rumeur qui lui attribue un quotient intellectuel de 130 (si vous voulez mon avis, on a du confondre avec son tour de fesses mais bon, hé hé hé, faites comme si vous n'aviez pas lu)... Devant son chat qui ronronne, Sharon apprends à faire le mannequin. Grâce à ses qualités plastiques et à son déhanchement de catin vierge, elle est engagée dans une agence du nom de Ford à l'âge de 17 ans. Elle fait ses débuts au cinoche en 1980, dans Stardust Memories d'un certain Woody Allen, le Woodpecker loser et bigleux du septième art. Elle fait également une très courte apparition en 1981 dans un film de Claude Lelouch (oui, vous avez bien lu), bien connu du cinéphile de supermarché français, Les Uns et les Autres. Troisième film: on la voit beaucoup plus dans une série B de 1982 réalisée par Wes Craven "A", La Ferme de la Terreur. Rien de bien transcendant... pour l'instant - et pour un petit moment encore - aucun film n'a vraiment été du niveau de son joli cul, de sa bouille sensuelle et de sa poitrine... fumée. Mais gardons espoir ! Elle apparait dans les deux premiers épisodes de Magnum, saison 5, puis dans une grosse daube répondant au doux nom d'Allan Quatermain et les mines du roi Salomon. Nous sommes en 1986, et Sharon Stone est encore inconnue du box-office. Mais plus pour longtemps. Encore deux ou trois daubes comme Police Academy 4 dans lequel elle tient un rôle tertiaire, ou un autre épisode d'Allan Quatermain (quel nom pourri décidément) voire un film de baise en parachute, Nico, avec Steven Seagal, l'insecte de provence. Il faudra attendre 1990 et son rôle de garce anti-schwarzienne dans Total Recall du gars Verhoeven pour que le public daigne enfin remarquer ses belles petites fesses rebondies et son regard chaud comme du métal en fusion. Peu de nanas peuvent se targuer d'avoir mis Schwarzennegger au tapis. Elle, elle l'a fait. Et avec le sourire en plus. Voilà qui laisse augurer du meilleur (comme du pire) quand à la suite de sa carrière.  Elle enchaîne cinq films sans intérêt, en l'espace d'un an et demi, puis se retrouve à l'affiche de Basic Instinct, dans un rôle stonitruant, contre le torse imberbe de Michael Douglas...

Réalisé par Paulo Verhoeven, ce thriller "sulfureux", selon la presse spécialisée de l'époque, va la propulser au rang de star en moins de temps qu'il n'en faut à un éjaculateur précoce pour tirer son coup. Basic Instinct... instinct basique ? Je ne connais pas le pH de l'instinct qui mue la belle Sharon, mais force est de constater que dans ce film elle est plus acide qu'un citron pressé sur une plaie ouverte et plus basique qu'un litre de soude avalé cul-sec... son corps, machine sexuelle mise en avant pour appâter le plus efficacement possible la gaule du spectateur mâle en fait d'abord une actrice physique, dont les mouvements lascifs et plus que suggestifs (souvenez-vous de la scène du minou... non, pas celle où elle donne à manger à son chat, l'autre) donnent à voir et à apprendre sur l'art et la manière dont doit faire preuve une actrice afin de pourvoir au show-bizness en un temps record. Exit le scénar, torché vite-fait bien-fait sur la comode entre deux partouzes et plus ambigü qu'un pédophile reconverti dans l'enseignement. Exit Michael Douglas, bien que ses quelques répliques valent le coup d'oreille. Exit la musique de Jerry Goldsmith, très jolie mais pas autant que le corps en sueur de la blonde fatale. Non... Exit tout, en fait, sauf Sharon Stone, qui est le film a elle tout seule et qui excite tout, justement. Les quelques scènes de baise qui ornent ce pseudo-thriller, prétexte à un enchaînement de scènes porno-soft avec acteurs payés au kilo de sperme et au litre de cyprine, ainsi que la vigueur de taureau qui sera provoquée chez les plus timides de la braguette d'entre vous messieurs les agneaux vous le prouveront sans mal aucun. La blondasse vénéneuse et carnivore qu'elle interprète, ainsi que ses regards glaçifiants et ses répliques au scalpel en font une actrice atypique... en tout cas pas le genre à se limiter au rôle de vagin sur pattes. N'est pas Bo Derek qui veut... et comme personne ne le veut, c'est tout vu.

Bon, passée l'érection-masturbation-éjaculation provoquée par ce brûlot froid de l'expatrié hollandais, on passe sur la macédoine frapadingue et blockbusterisée Last Action Hero (encore avec Arnie Governator, décidément), pour aller à l'essentiel: Sliver. Réalisé par Phillip Noyce en 1992. Autrement dit, une autre érection-masturbation-éjaculation, mais encore plus suave et sex et dépourvue de scénario que Basic Instinct. Pour l'histoire, c'est très simple: Sharon Stone passe le plus clair-obscur de son temps à se faire prendre - dans toutes les positions de caméra et dans toutes les positions tout court - par Alec Baldwin, le frère Baldwin au regard de basset dépressif et au corps body-buildé, dans un building qui lui sert de baisodrome. Rien de bien folichon, mais l'esthétique bleutée et nocturne accroche sévère (comme dans un clip eighties de Cyndi Lauper - n'oubliez pas que c'est elle qui chantait "Stone, the world is stone"... ça veut tout dire), les plans et les travellings félins des caméras suivent sans relâche les mouvements de hanche des deux protagonistes, et le "Unfinished Sympathy" de Massive Attack (cardiaque ? sûrement pas) passe très bien en fond sonore quand Sharon Stone se désape pour dévoiler ses intimes parties... Commentaire totalement subjectif et anti-cinéphile je vous l'avoue mes brebis, mais je ne fais que suivre l'avis de mon sexe, ne m'en voulez pas. Et quand celui-ci pointe vers le haut, je mets une bonne note... Paradoxalement, et même si je bande, rolande, je ne pourrai être dur avec ce film... oui, il me procure de sévères érections. Et c'est justement pour ça que je le défends corps et corps. C'est même le genre de B-Movies qui font que ma femme en vienne à jalouser un écran de télévision... Si ça c'est pas une preuve du talent physique de Sharon Stone je veux bien me faire castrer les pupilles moi ! (Au passage, vous ai-je déjà dis que ma femme était une bombe sexuelle ? J'ai d'ailleurs plusieurs fois porté plainte pour obus sexuel...)

Pour la suite de sa carrière, Sharon Stone passera la majeure partie de son temps à faire de la figuration, mais cette fois sans montrer son cul ou ce qui va avec (à part peut-être dans Diabolique et dans la séquelle débandante de Basic Instinct), juste en souriant et en fesant des petits "hmmm" des jolis "oooh" et des bons gros "aaah", qui étaient autrefois utilisés pour simuler un orgasme et qui le sont aujourd'hui pour simuler un jeu d'actrice original.

Et à part ça ? Pas grand chose. Il n'y a finalement que le Casino du gros Scorcese qui pourra me faire dire que Sharon Stone est capable de faire autre chose que de la pose esthétique, vu que là elle se donne à fond avec le petit roquet Pesci (Joe, je t'aime) et le gros Bobby. Sharon Stone est assez bonne actrice dans ce gros film qui sent les billets verts et la poussière d'ange, et son rôle de junkie allumée du cerveau et du porte-monnaie lui va comme un stérilet.

Mis à part ce beau rôle, la carrière de la blonde suicide ne fût pas vraiment ponctuée d'excès artistiques... même le Gloria de Sydney Lumet, film d'auteur, ne m'a guère convaincu... dans le remake des Diaboliques aux côtés d'une Adjani plus frigide que le clitoris de mon arrière-grand-mère refroidie et enterrée depuis maintenant trente-deux ans, elle est franchement agaçante et en plus elle montre rien du tout à part un petit bout de cul et le début d'ombre d'un téton (est nominé pour l'argument cinéphile du siècle...). Ouais... bof, bof... Sphere, naze... Mort ou Vif de l'ami Sam Raimi, passable (elle devrait rien porter en-dessous de son stetson mais cet avis n'engage que moi), Catwoman de Pitof... même pas digne d'être baptisé "Pussywoman"... Même le coup des Broken Flowers, on me la fait pas à moi, s'il y a bien une actrice qui n'allait pas dans un film de Jarmusch (mauvais, qui plus est), c'est bien Sharon Stone, avec son jeu de plus en plus impersonnel et - le comble - de moins en moins sexuel. Nan, vraiment une carrière en dents de scie sans dents que celle de la belle Sharon.

Enfin, belle... avant elle l'était, mais depuis son hémorragie cérébrale qui a failli la faire passer de vie à trépanation, je n'en suis plus très sûr. Comme je vous l'ai dit, je suis l'instinct de mon sexe, et quand je vois des photos de Sharon Stone dans les magazines people, eh bah y'a rien à foutre (tiens, justement), j'y arrive pas. Spermettez-moi même de vous avouer que je me vide plus facilement les valseuses en imaginant Régine chevauchée par un espadon épileptique... Enfin, ce sont des fantasmes qui n'appartiennent qu'à moi... maiiis, n'empêche qu'il faut bien l'admettre: Sharon s'est sérieusement enlaidie, quoi qu'en disent les peine-à-jouir de la presse popol... En plus, elle s'arrange de plus en plus pour se faire de la promo sur ses engagements humanitaires et ce truc à la mode me gave passablement voyez-vous. Mais elle a toujours été collante avec ça, la Sharon. Elle l'était même plus avant, collante (vous l'avez vue engluée contre Michael Douglas dans Basic Instinct ? Ah ah ah, quelle question... évidemment que oui). Avant, Sharon lavait son linge en machine avec Ariel. Désormais, elle est trop lessivée pour avoir le courage de programmer le lave-linge. Avant, elle roulait en décapotable ("Stone qui roule n'amasse pas mouches sur le pare-brise" selon l'adage), aujourd'hui elle se déplace en avion... Elle était bien roulée (Rolling Stone), bien logée (A Stone Villa), bien chapeautée (Stetstone), mais dorénavant elle n'est plus que le reflet monostone d'elle-même. Engagée dans un combat éthique-politique qui n'est pas vraiment le sien et qui prouve qu'elle excelle plus dans la fellation que dans la délation. La voir dans ses interviews où elle parle de tout sauf de cinéma, mais de son cul, de son Q.I. et de son cui-cui, ah la la... En même temps je pourrais vous dire que je m'en branle, mais ça passerait pour un aveu de faiblesse. Ne jetons pas la pierre à Sharon Stone, après tout, elle n'a fait que ses devoirs, comme d'habitude, elle n'a pas failli à sa réputation de première de la classe, de petite intellectuelle... Vous admettrez que c'est quand même bien dommage de finir comme ça, publicitaire, mauvaise interprète et décatie du string, car Sharon était une actrice vraiment sexy, même si elle était collante.

Collante, donc sangsuelle...

 

 

Par Y.T.K. - Publié dans : Actor F2
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 24 décembre 2006 7 24 /12 /Déc /2006 16:49

Yok yok yok !!!

Comment allez vous, mes chers agneaux ? Moi, ça baigne pas trop, vu que depuis un petit moment la flaque est gelée. Heureusement, la neige ne tombe pas, et ça tombe bien d'ailleurs, car si c'était le cas je me sentirais obligé de la relever, tout Kopfkino solidaire que je suis...

Bon, tout ça pour dire que j'inaugure une nouvelle catégorie, dont vous trouverez aisément le nom sur la droite de la page, une catégorie qui fera, je l'espère, parler d'elle, et qui est un peu là dans le but de laisser les deux vaillants rédacteurs du site, c'est-à-dire le Sushi et moi-même, à un terrain de jeu illimité quand à l'imagination furibarde dont ils sont capables. Pour ça, rien de tel que les contes. Petits et grands pourront se blottir au coin de la cheminée, prêts à siroter les anectodes fantasmées, cocacolasmées et canadadrysmées d'Oncle Kopfkino et (espérons-le) Pépé Sushi, des contes avec ou sans lien avec leur terrain thématique habituel.

Non pas que je souhaite régler mes contes avec vous, non non non, se serait mal me connaître mes braves agneaux... c'est juste qu'au moment de Noël, le taux de suicide s'élève considérablement, et ça me chagrine vraiment alors, dans ma barbiche suintante de bonnes idées, j'ai décidé de vous trouver quelques petites histoires - totalement improvisées en traitement de texte cela va sans dire - afin de divertir les quelques enfants égarés qui viendraient laisser traîner leurs mirettes sur Nouvelle Flaque.

Mais ne tournons pas autour de la chaussette, et appelons donc nos jeunes lecteurs en ce soir de réveillon:

OYEZ OYEZ PETITS AGNEAUX, MOI, YOKESHI, JE VOUS CONVIE, GRANDS ET PETITS, PETITS ET TRES PETITS, PETITS "POUAH" ET AUTRES GROS "OUAH TU SCHLINGUES", AUTISTES, BAS-TISTES, AVEUGLES, SOURDS-MUETS, SOURDS PRE-PUBERES, ENFANTS DE LA BALLE, ENFANTS DU TROU DE CETTE DERNIERE, ENFANTS TOUT COURT ET ENFANTS RIEN NE MARCHE, A LA LECTURE DU CONTE DE NOËL ECRIT PAR TONTON KOPFKINO !

_____

 

"Le Réveillon des Endormis"

 

Il était une fois Yvette Etune-Foy, une vieille dame Sagittaire ascendant Poissons atteinte d'un cancer, qui aimait la naphtalyne et les aphtes de sa voisine Aline. Yvette était agée de 84 balais. L'avait donc de quoi s'accrocher au manche, la pauvre mamie, mais, en ce soir de Noël, son moral était au plus bas, et ses collants aussi... en effet, sa famille toute entière avait refusé de la voir, fuyant son cancer pour se rendre aux Tropiques et fêter ça au Soleil.

Le Soleil, aaah, Le Soleil... c'est bien de ça dont aurait eu besoin la pauvre Yvette, captive de sa banlieue Nord, de son HLM gris survolé par des ULM noirs. Prisonnière de son appartement apparement sale, sordide, dont les tapis gorgés de pisse de chat, le chat gorgé de litière, la litière gorgée de caca et le caca gorgé de tapis ne restituaient pas vraiment l'ambiance olé-olé d'un soir de réveillon familial. Imaginez le tableau: la vieille assise dans son fauteuil-canapé, armée d'un pull et d'un tricot, avec un vieux poste Phillips pour regarder les promos pré-enregistrés de Patrick Sebastien se faisant la belle pendant ce temps même, son chat affectueusement nommé Lessive qui lui miaulait de se lever pour sa pitance quotidienne alors que ses jambes grelotantes ne lui permettaient même pas d'envisager un début de flexion, et, pour tout sapin de Noël, un mauvais zaï (vous savez, ces arbres miniatures qui font la gueule et qui sont méchants). Au moment où Lessive cessa de miauler, Yvette, avachie dans son canapé et recouverte de poussière tel un cas nappé, pris la pénible décision de mettre fin à ses jours. Ne pouvant se lever, avec pour seules armes des aiguilles à tricoter, la mamie desespérée su tout de suite ce qu'elle devait faire pour attenter à ses jours avec le plus d'efficacité. D'un geste vif, sous l'oeil de son chat mourant de faim à la cadence d'un mourant défunt, Yvette se planta une aiguille dans le cou. Sûre d'elle, mais par pur et heureux hasard, la vieille avait réussi à toucher la carotide... suicide de lapin ? Elle se vida de son sang en ondes sèches en l'espace de quelques secondes, et mourru, sans dire mot, seule et oubliée de tous... A ce moment précis, Lessive, son chat, explosa litièralement, et les cellules qui constituaient son corps de félin se répandirent sur tous les murs de l'appartement, créant un motif de papier peint rappelant les lasagnes que cuisinait son ex-maîtresse. Le choc psychologique du suicide par tricot n'avait pas tué la pauvre bête, non non non... c'était autre chose... une intervention... extérieure... le cadavre de la vieille Yvette en plan large... travelling arrière... passage au présent... un homme de corpulence extrêmement moyenne se tient là, à l'entrée du mouroir, sur le seuil, fusil à pompe en main. Il vient de pulvériser le minou d'un seul tir.

Mais qui est cet homme ? Et que fait-il là ? On n'en sait rien, mais il a une sale gueule. Un regard de psychotique, un nez crochu (style le pervers post-mortem japonais, autrement dit Necro Shu), des joues énormes, des jouets énormes dans le dos et une bouche invisible puisque cachée sous une épaisse barbe d'un blanc ténébreux. Blanc ténébreux ? Barbe ? Jouets ? Vous l'avez compris, il ne s'agit pas du Marchand de Sable mais bien du Présentateur Volant.

Le Pernaut-Ailes.

Retour au passé... le gros vêtu de rouge ranga son fusil à pompe et fit une série d'abdominaux, là, au milieu de la scène macabre, sur le tapis pisseux... puis il s'en alla comme il était venu, sans un bruit. Dans la nuit dehors, il faisait très froid. Les guirlandes tintinabulaient, les grelots grelotaient, les papillotes faisaient ami-ami avec les papillons, et, noyé dans le flot de vie qui envahissait les rues ce soir-là, un homme du nom de Takeshi L.S. rentrait chez lui, penaud et très yes, pensif et l'air malheureux... autrement dit, le mélange d'azote, d'oxygène et autres gaz qui l'entourait pleurait à chaudes larmes... Takeshi L.S. (tel était son nom, oui), arriva sur le palier de son humble demeure. Il se mit alors à lui parler:

"Bonsoir, très chère maison, comme tu es belle aujourd'hui !"

La maison marqua une courte pause (au crayon HB sur un postit) puis répondit, avec sa grosse voix, au petit Takeshi:

"Non, non, je ne suis pas si belle que ça, enfin... (Elle se mit à rougir) Hi hi hi !"                                       

Et Takeshi lui répondit alors:   

- Aaah, t'es vraiment une humble demeure toi !

Sur ce, il pénétra dans son humble demeure, ferma la porte à double tour... Soudain, les clés, dans la serrure, se mirent à lui réclamer: "encore un tour, encore un tour !!!", mais Takeshi feint de les ignorer et se rendit dans la cuisine pour se préparer une petite soupe. Sous peu, Takeshi savait qu'il devrait quitter les locaux, et une larme de tristesse coula le long de sa joue... glou glou glou... "à l'aide, je coule !!!" lui cria la petite larme. Mais Takeshi se moquait de la petite larme comme de sa première paire de chaussettes. Il la laissa couler dans sa joue, et mit chauffer la soupe au micro-ondes. Soudain, derrière lui, quelqu'un se mit à grogner...

"Grrr, on est pas contentes !!!"

Takeshi se retourna, et que vit-il ? Eh bien tout simplement sa première paire de chaussettes, complètement furax, qui lui en voulait apparement beaucoup.

- Mais pourquoi n'êtes-vous pas contentes ? Demanda-de-perquisition-t-il.

- Parce que tu t'es moqué de nous !

Sur ces paroles, elles se désintégrèrent et Takeshi fût pris d'un fou rire incontrôlable tant la scène était garoutarie - ce qui veut dire loup-phoque - il rit tellement et son rire était si incontrôlable qu'il s'écroula par terre comme un chateau de cartilages. "Ding !" La soupe était chaude. Il se leva pour prendre le plat de soupe très chaud, bouillant même - à mains nues - dans le four. Le plat de soupe se mit à rougir... il était gêné, car les mains de Takeshi était nues. Takeshi eu alors l'idée de mettre des gants sur ses mains pour les cacher et ainsi éviter au plat de soupe une érection involontaire... Une fois le plat de soupe en sa possession, il fut pris d'étranges sensations de picotements, puis de piqûres, mais dans la chair, dans les entrailles, un peu comme si on affichait des posters dans son ventre. Il lâcha le plat de soupe qui se brisa en mille morceaux (mille pile, pas un de plus pas un de moins) par terre, à cause de la douleur qui devenait trop forte. La douleur, doux leurre, lui avait fait perdre l'attention sur ce qui se passait dans la cuisine au même moment... En effet, les radiateurs se transformaient en radis acteurs tandis que son poêle s'épilait et que son four chantait "One, Two, Three, Crematorium", tout ça sous l'oeil amusé d'un lapin...

Le lapin s'approcha du pauvre Takeshi, tordu par la douleur, gisant sur la moquette de sa cuisine comme une baleine échouée sous un parapluie. Takeshi leva les yeux vers le lapin, et le lapin lui posa une question:

" Savez-vous qui m'a carotté ma salade ? "

Pas de réponse. Le pauvre Takeshi était mort à la suite de ses blessures. Une suite luxueuse, dans un hôtel de renom... (je vous passe les références au cas où ça vous intéresse: Suite Luxueuse de Takeshi, n°16, Hôtel Ses Blessures...) Bref, Takeshi était mort, ce qui eut pour effet d'attrister le lapin, qui lui glissa quand même un "Joie, Yeux, Nouez-le" au creux de l'oreille. Celle-ci ressemblait à un toboggan, donc il était légitime que ça glisse dedans... Pour oublier ce tragique incident, cette mort effroyable, le rongeur aux grandes oreilles décida de se rendre dans la salle à manger.

Et comme c'était une salle à manger, vous savez ce qu'il fît ?

Il la mangea.

FIN.


 

Par Y.T.K. - Publié dans : Les contes, gouttes de la Flaque
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus